Elisabeth Delétang est une artiste aux pratiques multiples. Elle évolue dans le champ de l’estampe de la photographie, du dessin, de l’écriture et de l’assemblage d’objets, de l’installation….

 

Formée successivement à l’école publique des beaux-arts de Sète en classe préparatoire puis à l’école supérieure des beaux-arts de Nîmes, elle vit aujourd'hui et depuis une quinzaine d'année dans le Tarn.

Exposition Par quatre chemins

du 5 au 30 novembre 2018

à la Maison du Pays de Serviès

Le monotype: cette technique d’estampe se situe à mi-chemin entre la peinture et la gravure. Le monotype est un procédé d'impression sans gravure qui produit un tirage unique. Une fois la matrice de zinc encrée, il s’agit de faire surgir forme et lumière par retrait de l'encre qui rendra le blanc du papier. La matrice est passée sous presse avec le papier qui reçoit l'épreuve. C’est une prise d’empreinte, un instantané du geste producteur d’image.

Ici, dans la série La tentation de la collection, des végétaux frais ont été glissés entre le papier et la matrice préparée ; les végétaux laissent leur forme négative gaufrée dans le papier en le teintant parfois de leur jus. Ces formes botaniques sont éléments à part entière de la composition et entrent en dialogue avec le dessin de l’encre aux infinies nuances de gris.

 

Les monotypes en tondo, (formats ronds), ont été travaillés avec une encre pour linogravure et estampés à la main. Le jardin de John fait référence à John Cage, non seulement compositeur mais aussi grand botaniste, féru de plantes sauvages comestibles.

 

Certain des monotypes installés dans la deuxième salle, ont été retravaillés : feutre, aquarelle, collage, de manière à appuyer le caractère figuratif et narratif des effets de l’encre. De Vinci lui-même, encourageait ses élèves à s’inspirer des images suggestives nées du hasard : taches et lézardes sur les vieux murs, nuages.… Le nommable surgit du chaos.

L’image surgit. Ces images, s’il en est, convoquent parfois les empreintes laissées par la lecture d’ouvrages littéraires (Laver les ombres de Jeanne Benameur, Colline de Jean Giono, Histoire d’un ruisseau d’Elisée Reclus, …) Elles n’en sont pas une illustration, elles en sont des réminiscences.

Ces bribes de narration tissent le fil du récit et dessinent les mouvements de paysages intérieurs.

Cependant, ces images ne cherchent pas de faux semblants et se révèlent pour ce qu’elles sont : taches, coulures, opacités et transparences pour ouvrir ce nouvel espace de projection, oscillant entre figuration et abstraction, et se proposer à l’imaginaire du spectateur. Encres et aquarelles invitent la couleur.

 

Les chimères semblent tout droit sorties d'un cabinet de curiosité. Elles sont composées de fragments issus des trois règnes : végétal, animal, minéral. Ces assemblages de matières organiques inertes ou non organiques, glanées au fil des promenades, deviennent l’articulation poétique de la compréhension du sensible. Les notices qui les accompagnent, utilisent un vocabulaire issu des sciences naturelles. Ces mots se teintent d'un accent désuet et sonnent comme un poème. Installés ensemble dans les vitrines, chimères et monotypes entrent en relation et dialoguent.

 

Par quatre chemins, les mots en bandoulière, la photographie est cueillette; Élisabeth Delétang pose et propose un autre regard sur le paysage. Éloge de la lenteur, des petites choses et des saisons, cette exposition nous invite à la promenade, à la rêverie et interroge le lien contemporain à notre milieu.

RE-TROUVAILLES / Elisabeth Delétang  

Maison de la Vallée du Gijou, Lacaze.

16 août – 29 septembre 2017.

Soirée festive de décrochage le 29 septembre.

RE-TROUVAILLES

Cette exposition vous invite à la promenade. Une déambulation où les images et les mots se répondent en écho. Les estampes répondent aux chimères.

Comme des retrouvailles, l’image surgit de la tache, et la forme des fragments recomposés ; les mots chuchotés de l’image murmurent.

Les monotypes d’Elisabeth Delétang tissent les liens du mot et de l’image, ceux de la mémoire. Le nommable apparaît, tout droit sorti du chaos d’encre noire. Une forme végétale négative, parfois teintée de son jus, figure dans le paysage d’encre. Une trace, une empreinte des choses fugaces.

Les chimères d’os, de plumes, de cornes, et de fragments secs de végétaux, de bouts de bois et cailloux témoignent d’un regard porté sur la nature, d’une posture. Un éloge de la lenteur et des saisons impatientes des retrouvailles à venir avec les trésors du jardin, de bord de route et de talus. Un trésor de campagne, archétypal et enfantin glané au fil des promenades. Les trouvailles sont jouées à nouveau ainsi recomposées.

Les Re-trouvailles vous proposent la rencontre de ce que l’on avait perdu. Elles convoquent le merveilleux, l'IMAGE de l’imaginaire.